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Un combattant de la cause balte.
Meri l’Européen est avant tout un Estonien de cœur. Il s’est d’ailleurs largement consacré au rayonnement de la culture estonienne. Traducteur en estonien des plus grands (Erich Maria Remarque, Marcel Aymé, Graham Green, Alexandre Soljenitsyne), il a orienté une importante partie ses travaux sur l’histoire de la région baltique.
Victime de l’oppression soviétique (il est déporté dans un goulag sibérien en 1941 à l’annexion de l’Estonie par l’URSS), il est un fervent défenseur de l’identité estonienne sous l’occupation soviétique et participe activement au mouvement d’indépendance à la fin des années 1980, notamment quand il constitue un Front populaire estonien.
Son apport principal restera sûrement ses efforts incessants pour un rapprochement avec l’Ouest. En 1988, il fonde l’Institut Estonien, voulu comme un pont culturel avec les pays occidentaux, et qui a servi de cadre à la formation des élites de l’Estonie indépendante. Dès 1990, devenu Ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement issu des premières élections libres, il pose les jalons d’une nouvelle politique étrangère pour son pays, tournée vers l’ouest.
Celui qu’on appelle le « Vaclav Havel » estonien connaît sa consécration politique en 1992 quand il devient le premier président élu de l’Estonie indépendante (1992-2001).
Un Européen humaniste.
Mais Lennart Meri est aussi un militant de l’Europe réunie. Très tôt militant de l’Estonie européenne, on disait de lui qu’il était « un gentleman européen de la vieille école ». C’est vrai qu’il avait pu connaître intimement l’Europe de l’entre-deux-guerres, quand il avait passé sa jeunesse dans plusieurs capitales européennes (dont Berlin et Paris, et notamment le lycée Janson de Sailly où il étudie trois années).
Ardent artisan de l’intégration de l’Estonie à l’Union européenne, il plaide que l’Estonie appartient à l’Europe depuis l’Empire romain et n’a jamais cessé d’en faire partie. Choisi « Européen de l’année » dès 1998, il a été membre de la Convention sur l’avenir de l’Europe.